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Le tourisme à l’heure du développement durable

Le tourisme à l’heure du développement durable

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Le tourisme de demain sera-t-il vert ? Pour une industrie qui vaut son pesant d’or, tant en termes d’emplois, de revenus ou d’émissions rejetées, la question se fait de plus en plus pressante.

[Cet article a été initialement publié dans le guide IDÉES PRATIQUES #10 : Vacances écolo, mode d'emploi, réalisé par ID L'Info Durable]

Le secteur, bien qu’abîmé par les deux dernières années de crise sanitaire, a fait voyager 389 millions de touristes internationaux en 2020, d’après le dernier baromètre conjoint de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUED), paru en mai 2021. Pourtant en croissance exponentielle depuis ces dernières décennies, l’industrie touristique a tout de même pâti d’une chute de 84 % de ses voyageurs cette année-là par rapport à la précédente. Elle a signé son plus bas niveau depuis plus de 30 ans, alors qu’en 1990, 435 millions de personnes ont voyagé à l’étranger.

Mais malgré un contexte compliqué dans le monde entier, le tourisme est tout de même loin d’avoir signé son arrêt de mort. Ce n’est pas sans raison que l’on parle aujourd’hui d’un "tourisme de masse". Puisque partout autour du globe, prendre des vacances reste nécessaire, celui-ci s’est forgé de nouvelles habitudes. L’OMT note notamment l’émergence d’une tendance mondiale pour le "tourisme de proximité" cette année-là. Soit des vacances, plus près de chez nous, en somme, plus vertes.

Qu'est-ce que le "tourisme durable" ?

Avec ces nouvelles habitudes qui se sont imposées au monde, le paysage touristique, au même titre que tout autre secteur, a changé de couleur. "Télétravail", "confinement", "cluster", "gestes barrières"... Nombre de termes, encore peu courants voire inexistants en 2019, sont entrés dans les usages depuis 2020. En référence à ce "tourisme de proximité ", évoqué par l’OMT, le mot "staycation" est lui aussi devenu monnaie courante.

L’idée qu’il recouvre est simple : frontières fermées, déplacements restreints, confinements, couvre-feu, désormais, on prend des vacances près de chez soi. Autrement dit, les Français ont voyagé bleu-blanc-rouge cette année-là. Et de facto, ont ainsi réduit leur empreinte carbone.

Car le tourisme, que l’on estime responsable de 11 % des émissions de gaz à effet de serre, compte 77 % de son impact lié au transport. Et 40 % de ses émissions totales sont liées aux avions. Selon l’Ademe, un touriste qui voyage à l’étranger émet quatre fois plus de gaz à effet de serre que celui qui reste en France. Éviter l’avion et rester dans son pays en réduisant les distances, permet donc, de fait, de réduire son empreinte.

Si la pandémie aura permis ce type de vacances, l’idée d’un tourisme plus vert, n’est pour sa part, pas nouvelle. "Écotourisme", ou "tourisme durable", on donnera à ce dernier une définition précise pour la première fois en 1993 sous l’égide de l’OMT et du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Après le sommet de la Terre à Rio un an plus tôt, premier des hautes sphères sur le sujet du développement durable, un guide paraît pour appliquer ces principes au secteur touristique.

Puis en 1995, à l’occasion d’une conférence organisée par l’UNESCO, l’OMT et les Nations unies, une Charte du Tourisme Durable établit 18 principes et objectifs pour le secteur. Un "code de bonne conduite" en somme, destiné aux professionnels, aux gouvernements mais également aux citoyens. Cette charte induit par exemple que "le développement touristique doit reposer sur des critères de durabilité ; il doit être supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique et équitable sur le plan éthique et social pour les populations locales", selon le premier objectif rédigé.

La définition de l’Organisation mondiale du tourisme

Pour l’OMT, le tourisme durable "tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil".

Voyager plus vert, une préoccupation grandissante

Le concept de "tourisme durable" a donc déjà soufflé ses 30 bougies. En revanche, la tendance, pour les voyageurs, à le pratiquer est pour sa part plus récente, allant sans doute de pair avec l’évolution des prises de conscience écologique. Paradoxalement, au fil des années, les voyages à l’étranger en avion se sont aussi faits de plus en plus fréquents. "La part des vacances à l’étranger n’a cessé de croître entre 1964 et 2004. En 1964, les Français effectuaient 12 % de leurs séjours à l’étranger. En 2004, cette proportion est de 19 %", notait déjà l’Insee en 2009.

D’après une étude Ifop, parue en mars 2021, la crise sanitaire aurait accentué la propension des Français à faire attention à leur impact sur la nature lors des voyages. Mais bien que l’on aime admirer les fleurs, les plantes et les paysages, que l’on soit bien volontiers enclin à faire attention à son environnement de manière globale... il ne faudrait pas que cela impacte nos habitudes. Et encore moins notre portefeuille. Selon ce même sondage, les Français ne seraient pas contre payer plus cher pour consommer des produits locaux de manière plus responsable, mais plus réticents à mettre la main au porte-monnaie en ce qui concerne par exemple l’hébergement ou le transport de leur séjour... Qui n’est pas coupable d’avoir privilégié un trajet aérien pour un vol intérieur, là où le billet de train similaire affichait des tarifs plus élevés ?

Dans le même temps, 80 % des sondés considèrent également que ces questions concernent plutôt les professionnels du secteur. Au même titre qu’il faudrait aligner les prix des trajets aériens ou ferroviaires, "s’occuper de la réduction des impacts de leur activité sur l’environnement" est bel et bien "leur rôle". Enfin, seuls 55 % des Français seraient prêts à choisir leur vol aérien ou leur destination de voyage en fonction des émissions et de l’impact carbone de ceux-ci...

Que dit la loi Climat et Résilience ?

Entérinée en 2020, la loi Climat et Résilience interdit les vols intérieurs lorsqu’une alternative ferroviaire existe en moins de 2h30. Une mesure, à l’origine proposée au sein des travaux de la Convention citoyenne pour le climat. Les 50 tirés au sort recommandaient en revanche l’interdiction lors d’alternative de moins de 4h30.

L'avion, un transport riche en pollution

Car en effet, le premier enjeu pour réduire l’empreinte de ses vacances, seraient bien de choisir au mieux son moyen de transport. Et l’avion est sans aucun doute le plus coupable de tous... En Suède, un mouvement a émergé quelques années auparavant, dénonçant les dérives de ces voyages en avion : le "flygskam" - littéralement la "honte de prendre l’avion".

Selon l’Ademe, dans son guide Des vacances au kilomètre , le poids d’un billet aller-retour Paris-New York, soit 12 000 km de vol, équivaudrait à la consommation annuelle de chauffage d’un petit appartement. L’Agence note également que le parcours d’un seul kilomètre d’un passager en avion serait sept fois plus polluant que le bus, 14 fois plus que le train et 40 fois plus que le TGV. Et si le secteur tente de se décarboner, en visant l’objectif "Zéro émission nette" en 2050, au moyen notamment de carburant plus durable pour remplacer le kérosène ou encore en développant les techniques électriques, ces méthodes n’en sont encore qu’à leurs balbutiements et la normalisation de celles-ci sera longue.

Et malgré ces mouvements anti-avion de la part de certains citoyens, le trafic ne cesse d’augmenter depuis ces dernières décennies. "L’avion a le vent en poupe pour partir en vacances. Il permet de raccourcir la durée du voyage, et de rallonger la distance parcourue, analyse l’Ademe. On part plus souvent, moins longtemps, mais toujours plus loin". En effet, selon les chiffres de l’Association du transport aérien international (IATA), 4,54 milliards de passagers ont embarqué en 2019. La raison de cette croissance : l’émergence des compagnies dites low cost, proposant de voyager à des prix plus accessibles, les promotions sur les offres de voyages all inclusive, la baisse des coûts dans l’industrie, l’amélioration des techniques d’aviation...

Les principes de base d'un tourisme plus vert
  • Éviter de prendre l’avion.

  • Si l’on prend l’avion, privilégier les vols directs, sans escale et les séjours longs pour amortir l’impact du trajet.

  • Consommer local, privilégier l’artisanat, le savoir-faire de la région.

  • À l’hôtel, ne pas faire changer ses serviettes et draps tous les jours, et attention aux lumières qui s’allument souvent toutes lorsque l’on rentre dans la chambre.

  • Voyager léger, avec des bagages peu chargés.

  • Sur place, privilégier les transports en commun ou la marche plutôt que les taxis ou voiture individuelle.

  • Certaines activités sont à proscrire : jet ski extrêmement polluant, parc animalier où règne la souffrance animale...

  • Ville, mer, montagne, où que l’on se promène, respecter l’environnement et emporter un sac en guise de poubelle pour ne pas laisser de déchets.

  • Éviter de ramasser des souvenirs sur les plages au risque de fragiliser les littoraux : coquillages, sable, galets...

  • Lorsque l’on s’expose au soleil, privilégier une crème protectrice respectueuse des océans.

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=> Lire notre Guide du tourisme durable

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