L'équipe de Nomads rend le surf plus éco-responsable
    L'équipe de Nomads rend le surf plus éco-responsable
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    Comment surfer en limitant son impact sur l’environnement ? Basile Gentil, Thomas Cervetti et Nicolas Thyebaut trouvent des solutions, en fabriquant des planches et des accessoires éco-responsables, mais aussi en organisant des actions de sensibilisation.
    Basile Gentil, Thomas Cervetti, Nicolas Thyebaut/ Nomads Surfing

    L’histoire de Nomads commence tranquillement, un soir de printemps 2017, au pied de la Dune du Pyla, face à l’océan. Une bière à la main, trois copains décident de monter une marque de surf éco-responsable. Il y a pire comme début d’aventure, non ? “On avait tous pas mal surfé en Asie du sud-est. Il y a là-bas de très belles vagues, mais beaucoup de déchets plastiques. Cela nous a vraiment fait prendre conscience de la pollution marine”, raconte Thomas. Comment lutter contre cette énorme dégradation de milieux aquatiques ? "On a voulu apporter notre pierre à l’édifice et participer à la protection des océans, avec un vecteur commun, le surf”.

    De Bordeaux à Kuala Lumpur

    Pour comprendre ce qui les a menés là, faisons un petit retour en arrière. Nicolas, aujourd’hui 33 ans, a grandi à Bordeaux. Diplômé d’une école de commerce, il a surtout travaillé dans l’aéronautique. Pendant 4 ans, il est expatrié à Kuala Lumpur, en Malaisie. Basile, 31 ans, a pas mal bougé pendant son enfance. Une fois le bac en poche, il fait une prépa à Montpellier et l’école Polytech Lille, en spécialité agroalimentaire. Ensuite, il travaille entre autres chez Nestlé Suisse. Il vit quant à lui quelques temps aux Philippines. Le trait d’union entre ces deux là ? Thomas, 31 ans, originaire de région parisienne. Il a fait la même école que Basile - en spécialité génie civile - ET a aussi été expatrié en Malaisie, notamment pour une boîte française de BTP. C’est là qu’il a rencontré Nicolas. 

    On a voulu apporter notre pierre à l’édifice et participer à la protection des océans, avec un vecteur commun, le surf.

    Au pied de la Dune du Pyla

    En 2017, donc, Nicolas rentre en France, Thomas vogue entre deux postes. Les deux amis se retrouvent à Bordeaux. “J’ai proposé à Basile de nous rejoindre pour un pont du printemps”. Le trio commence alors à discuter du projet. Leur constat : le surf a beau avoir une image “nature”, tout le matériel est dérivé du pétrole, de la matière de la planche à la wax, en passant par la combinaison en néoprène. Alors, pourquoi ne pas essayer de limiter l’impact du surf, tout en menant des actions de protection de l’océan ? 

    Ces trois là, qui pratiquent avec “un niveau modéré”, se lancent la même année dans un business plan pour la future entreprise, Nomads. En 2018, l’équipe trouve un “shapeur” au Portugal, développe le produit avec lui et lance la première production : des planches labelisées “Eco-board”, ce qui signifie que leur empreinte carbone est plus faible que la majorité des planches du marché. En pratique, cela passe par l'utilisation de pains de mousse polystyrène (le cœur de la planche !) en partie recyclés et 100% recyclables ou d’une résine à 40% biosourcée. 

    Deux personnes faces à l'océan avec des surfs Nomads
    Nomads Surfing

    Toujours en 2018, le trio de Nomads tient une boutique éphémère au Lacanau pro, une grosse compèt’ du secteur… Avant de devenir plus tard “partenaire éco-responsable” de l'événement ! La suite ? On peut dire que la bande de Nomads n’arrêtent pas. Ils montent une team de riders. En 2019, ils partent aux Philipinnes, “avec l’intention de faire un docu de surf. Finalement, on rencontre une association et on fait un docu environnemental, No Mad, sur la protection des récifs coralliens du pays. Le film sera sélectionné et récompensé dans plusieurs festivals ! 

    Capture d'écran du teaser de No Mad
    Documentaire NO MAD

    Grâce à des partenariats avec d’autres entreprises engagées, Nomads innove très régulièrement. Fin 2020, l’équipe sort “les premières dérives en filets de pêche recyclés”, financées sur Ulule. Ces ailerons, qui s’insèrent sous la planche pour plus de stabilité, sont fabriqués en France avec 70% de nylon recyclé et 30% de fibres de verre pour en assurer la rigidité. La nouveauté du printemps 2021, c’est le “premier pad [plaque à l’arrière de la planche, qui permet de mieux la diriger, ndlr] de surf éco-conçu fabriqué en France à partir de liège provenant d’écorce, de bouchons recyclés et de déchets bouchonniers”.

    Pad Nomads en gros plan sur une planche
    Nomads Surfing

    Et aujourd’hui ? “On est incubés à Unitec à Bordeaux”, souligne Thomas. Les trois fondateurs sont désormais tous installés dans la ville girondine… Ce qui n’a pas toujours été le cas ! Au début de l’histoire, ils étaient éparpillés entre la France et l’Asie, d’où le nom de Nomads, d’ailleurs. Beaucoup de choses étaient gérées à distance, malgré le décalage horaire conséquent. Petit à petit, chacun a quitté son travail salarié, pour plonger à plein temps dans l’entreprise Nomads : Basile, puis Nicolas, et enfin Thomas, tout juste débarqué de Malaisie en janvier 2021. 

    Maintenant il s’agit d’aller encore plus loin. “Dans notre résine biosourcée à 40%, il reste 60% de pétrole. On est transparents. Notre projet, c’est de proposer des alternatives de plus en plus poussées. On fait des tests sur un pain de mousse 100% recyclé. On va aussi développer une gamme d’accessoires. Et une partie de notre production est désormais basée à Biarritz”, précise Thomas. 

    Nomads travaille aussi à un volet “entreprises”, “autour de la sensibilisation, pour des actions RSE” (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Les trois surfeurs se sont équipés de machines “precious plastic”, qui permettent de recycler facilement et à petite échelle des déchets plastiques. Ils les utilisent lors de divers ateliers participatifs, pour des salariés ou pour le grand public. Les nouveaux objets créés à partir de vieilles bouteilles ? Des porte-clés, des pendentifs et… des peignes à wax, bien sûr !

    Protéger et sensibiliser

    Nomads ne se contente pas de limiter l’impact environnemental du surf. “Depuis le premier jour, on verse 5% des ventes à des ONG de protection et de dépollution des océans. On interagit avec ces associations, on développe des projets. C’est cela qui nous anime”. Début juin, à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, Thomas, Basile et Nicolas organisaient ainsi avec Project Rescue Ocean un grand nettoyage des plages, à Lacanau. “Le matin, les gens arrivent, on leur offre le petit déjeuner et on fait un briefing. On leur prête des pinces et des gants. Ils reviennent, on pèse les déchets… Et on explique ce qu’on trouve au bord de l’eau, des filtres de station d’épuration aux cotons-tiges. L’objectif c’est de parler et sensibiliser”, explique Thomas. 

    La même semaine, le jour de notre interview, l’équipe montait même, avec l’éco-designer Gérard Dumora, “un vortex géant de déchets plastiques” collectés localement, se déversant dans une planche de surf. Une installation de 7 mètres de haut, dans un centre commercial en plein air, avec toujours le même but : éveiller les consciences sur la nécessité de protéger les milieux aquatiques, et “rappeler, par le gigantisme de la structure, la quantité de déchets que l’on trouve au fond de l’Océan”. 

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    À propos de l'autrice
    Lucie de la Héronnière
    Responsable éditoriale
    Lucie a travaillé pendant une dizaine d'années pour la presse et l'édition. Sa spécialité ? L'alimentation et ses enjeux. Pour Bien ou Bien, elle plonge désormais dans toutes les facettes de la consommation responsable.

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