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L'Opticienne Verte conçoit des lunettes durables et fabriquées en France

L'Opticienne Verte conçoit des lunettes durables et fabriquées en France

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Savez-vous comment ont été fabriquées vos lunettes ? On s'intéresse moins à nos montures qu'à nos assiettes ou nos vêtements ! Pourtant, le secteur est dominé par de grands groupes qui produisent à des milliers de kilomètres. Face à ce constat, Florence Girard a créé L'Opticienne Verte, pour proposer des optiques Made in France, composées de matériaux durables... Tout en étant stylées, confortables et pensées pour durer ! Portrait de la créatrice de cette marque de lunettes engagées.
L'Opticienne Verte

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“Changer votre façon de voir le monde”, voilà l’objectif affiché par L’Opticienne Verte. Cette spécialiste des lunettes d’un nouveau genre a 28 ans, mais déjà 10 ans d’expérience professionnelle : après un bac S dans les Alpes-Maritimes, Florence Girard commence un BTS Optique Lunetterie en alternance. Tout juste majeure, la voici déjà en boutique, chez un opticien indépendant. Elle passe ensuite quelques années dans une grande chaîne d’optique… Avant de devenir responsable de la boutique Jimmy Fairly - un réseau connu pour son programme solidaire et ses efforts pour aller vers plus de durabilité, même si une grande partie de la production est encore réalisée en Chine - de Nice. “Tout roulait bien, mais j’avais envie d’entreprendre depuis longtemps. L’histoire du fondateur de Jimmy Fairly m’avait donné de l’espoir, montré que c’était possible”, se souvient la jeune femme.

En parallèle, Florence avait entamé depuis plusieurs années une transition personnelle vers une consommation plus durable, via une alimentation végétarienne ou une démarche de zéro plastique au quotidien. L'idée d'une marque de lunettes de vue et de soleil plus écologiques commence à germer : “J’avais envie de proposer des lunettes durables, fabriquées en France et avec un prix accessible. Les montures produites à des milliers de kilomètres, ce n’était plus possible”. Les consommateurs et consommatrices s’intéressent de plus en plus à l’origine de leurs fruits ou de leurs tee-shirts, mais pas forcément à celle de leurs paires de lunettes. Pourquoi ? “Tout simplement parce que personne n’en parle ! On manque d’informations”

J’avais envie de proposer des lunettes durables, fabriquées en France et avec un prix accessible. Les montures produites à des milliers de kilomètres, ce n’était plus possible.

Lunettes de soleil Oléa - Havana de L'Opticienne Verte
L'Opticienne Verte

Le contexte, c'est qu'aujourd'hui, les lunettes sont des objets majoritairement fabriqués à l’autre bout du monde. “En gros, toutes les marques connues présentes dans les grandes chaînes sont produites en Asie, essentiellement par trois grands fabricants. Généralement, quand une marque fabrique en France ou en Europe, elle le signale sur la lunette. Quand vous ne voyez aucune indication, c’est très probablement que la fabrication a été lointaine”, précise Florence. De plus, les marques indépendantes apportent un vent d’air frais, puisque le secteur est majoritairement détenu par de grands groupes. D’après les Echos, en 2018, “le gros des ventes se concentre dans les mains d’une poignée d’acteurs. 71 % des recettes sont en effet réalisées par treize enseignes”. 

Généralement, quand une marque fabrique en France ou en Europe, elle le signale sur la lunette. Quand vous ne voyez aucune indication, c’est très probablement que la fabrication a été lointaine.

Du dessin au prototype

Lunettes de soleil Palme écaille de L'Opticienne Verte
Lunettes de soleil, modèle Palme Havana/ L'Opticienne Verte

Début 2020, Florence quitte donc son emploi pour se lancer dans le grand bain. “Pendant 6 mois, je travaille à la phase d’étude : réfléchir aux produits à créer, étudier le marché pour voir s’il y a un intérêt des gens… Je ne sors pas d'une école de commerce et ce n’est pas inné de créer une entreprise. Alors j'ai eu beaucoup de remises en question. J’avais peur d’aller dans la mauvaise direction”, explique-t-elle. Commence ensuite la création de la marque à proprement parler, depuis chez elle, à Antibes : “J'ai commencé les recherches pour trouver un fabricant en France, pour participer au maintien et à la création d'emplois et réduire l'empreinte carbone : j'ai trouvé un atelier installé à Oyonnax, dans le Jura, le berceau de la lunetterie française”. L’un des seuls à accepter d’assurer une petite production ! Quid des verres ? Florence choisit de s’approvisionner à Saint-Claude, dans le Jura aussi, pour les solaires et en Moselle pour les verres anti-lumière bleue.

Pour réduire au maximum l'empreinte environnementale de sa marque, l'Opticienne Verte part également en quête de matériaux plus durables : du métal recyclé pour les charnières et du bioacétate pour les montures. "J’ai un fournisseur installé dans le nord de l’Italie : la matière est fabriquée à partir de fibres de bois issu de forêts gérées durablement. La cellulose présente dans les copeaux est mélangée avec des solvants biosourcés et non toxiques. On obtient une pâte, colorée avec des pigments biodégradables et biosourcés. Cette pâte est étalée, pressée et séchée pour former une plaque", explique Florence.

La matière est fabriquée à partir de fibres de bois issu de forêts gérées durablement.

Bioacétate

Cette matière est biodégradable en 90 jours dans des conditions de compost idéal. Cela signifie que ce serait plus long dans la nature… Cela ne durerait toutefois pas des centaines d’années comme pour un morceau de plastique ! “Bien sûr, le but ce n’est pas de jeter les lunettes. Mais c’est un matériau 100% recyclable. Et je vais mettre en place un système pour renvoyer les paires usagées au fabricant, qui pourra récupérer la matière pour la recycler”, précise l'Opticienne Verte. Pour les détails, elle fait également des choix durables, avec des étuis fabriqués à la main dans le sud de la France à partir de coton bio et de polyester recyclé, et des microfibres confectionnées à partir de bouteilles recyclées.

Lunettes anti-lumière bleue, modèle Oléa Ambre
Lunettes anti-lumière bleue, modèle Oléa Ambre/ L'Opticienne verte

Florence tient à commencer par des modèles mixtes, avec des couleurs qui vont avec tout et des formes intemporelles. Grâce à l'aide d'un confrère maniant le logiciel Illustrator, elle dessine Palme, légèrement carré, et Oléa, avec une forme ronde plus vintage. “À force de voir des visages et des lunettes, je savais quels types de montures marchent chez beaucoup de monde !”, glisse Florence. Les deux modèles sont disponibles en version "verres anti-lumière bleue" ou en version solaire, avec différents coloris.

En janvier 2021, c’est parti : la fabrication des prototypes est validée. “Avec la période de Covid, tout est très long. Les lunettes arrivent en mai. J’organise rapidement un shooting, pour avoir des photos pour la campagne de préventes sur Ulule qui commence en juin”, se remémore Florence. Les objectifs sont atteints et les commandes en bonne et due forme sont passées début juillet. Mais là encore, les carnets de commande ultra-remplis et les matériaux longs à obtenir obligent L'Opticienne Verte à la patience… Jusqu’à cette fin décembre 2021 : les lunettes seront très bientôt fin prêtes à être expédiées (et donc actuellement encore en précommande), par Florence qui pour l’instant s’occupe de tout de A à Z, de la communication à la logistique. Choisir des lunettes sans essayer, c’est risqué, non ? “J’ai conscience que cela peut être un frein. C’est pour cela que je propose la livraison et le retour gratuit”, répond la fondatrice de la marque.

À force de voir des visages et des lunettes, je savais quels types de montures marchent chez beaucoup de monde !

Berceau de la lunetterie

Les trois coloris du modèle Palme de L'Opticienne Verte
Les trois coloris du modèle Palme/ L'Opticienne Verte

Comment ça se passe, dans l’atelier jurassien ? 80 étapes sont nécessaires, dont 60 réalisées à la main ! Pour résumer, Florence nous explique : à partir du dessin de la monture, le fabricant réalise un dessin industriel. Quand le prototype est validé, la production peut commencer.

“À partir d’une plaque en bioacétate, on découpe la forme de la monture avec une grosse fraiseuse. Il y a beaucoup de déperdition, mais les chutes sont directement renvoyées au fabricant de bioacétate pour être recyclées. A l’avenir, j’aimerais travailler avec des moules, pour perdre moins de matière. Mais pour le moment, je suis obligée de tailler la lunette dans une pièce massive pour assurer sa solidité", souligne-t-elle.

La monture est travaillée à la main pour “casser” tous les angles. Elle part ensuite dans un tonneau pour être polie, pendant 3 jours. Le bioacétate devient plus doux, lisse et brillant. Enfin, il faut délicatement installer les charnières et les rivets, faire le décroché du nez et finaliser les arrondis. Dernière étape, “la gravure à l’intérieur de la branche est réalisée au laser, puis remplie de peinture”. 

Comment ajouter une correction à ces bien belles lunettes Made in France ? Pour le moment, Florence ne peut pas mettre elle-même les verres à votre vue : elle conseille simplement d’aller chez un opticien avec les montures. Mais L’Opticienne Verte a un grand projet, ouvrir une boutique qui lui permettra de tailler des verres et de proposer des équipement complets… Même à distance. En attendant, elle travaille déjà sur les prochaines collections : “je vais sortir plus de modèles et de couleurs, et également des collections capsules avec des formes plus originales. Je voudrais proposer plusieurs gammes, avec des prix encore plus accessibles… Avec bien sûr toujours une fabrication éthique”.

Découvrez toutes les lunettes de L'Opticienne Verte !

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À propos de l'autrice
Lucie de la Héronnière
Responsable éditoriale
Lucie a travaillé pendant une dizaine d'années pour la presse et l'édition. Sa spécialité ? L'alimentation et ses enjeux. Pour Bien ou Bien, elle plonge désormais dans toutes les facettes de la consommation responsable.

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