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La seconde main, quésako ?

La seconde main, quésako ?

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Acheter moins mais mieux, telle est la devise d’un dressing plus éthique. Et parmi ce "mieux", le marché de la seconde main a le vent en poupe.

[Cet article a été initialement publié dans le guide IDÉES PRATIQUES #3: La mode éthique dans nos dressings, réalisé par ID L'Info Durable.]

Le terme de "seconde main" désigne un produit d’occasion. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un objet qui passe entre les mains d’un second utilisateur. Porter un vêtement de seconde main signifie donc que celui-ci a déjà été possédé par quelqu’un d’autre avant soi : il peut s’agir aussi bien d’une veste achetée en friperie que d’un body de bébé qui appartenait au grand frère. En bref, porter de la seconde main, c’est porter de l’occasion !

Selon l’association suisse Fair Act’ - qui œuvre pour une mode plus responsable -, la phase d’utilisation d’un tee-shirt compterait pour 38 % de l’impact total de son cycle de vie. En cause, les lavages, le séchage, le repassage... Cependant, dès lors qu’un vêtement termine sa vie au beau milieu des ordures ménagères, celui-ci finira enfoui ou incinéré, entraînant avec lui là encore, une masse importante d’émissions polluantes.

Ainsi, éviter à tout prix le sac poubelle est un enjeu primordial : en commençant notamment par laver le vêtement moins souvent, le sécher à l’air libre ou encore choisir un programme "éco" sur la machine à laver... Ces petits gestes peuvent d’ores et déjà permettre, non seulement de faire baisser l’impact total du vêtement, mais aussi d’allonger sa durée de vie en évitant qu’il ne s’abîme trop vite. Enfin, lorsque l’on n’en veut plus, tout l’enjeu est de parvenir à lui offrir une seconde vie : le revendre, le donner, le transformer...

Un marché en plein boom qui n’a (presque) pas connu la crise

Outre Atlantique, le marché des vêtements d’occasion pesait pour 24 milliards de dollars en 2018, selon le dernier rapport réalisé par le site de revente américain Thred UP. Suivant une courbe ascendante, il pourrait atteindre les 51 milliards d’ici 2023. Dans l’Hexagone, tandis que 30 % des Français déclaraient avoir consommé de la seconde main au cours de la même année 2018, l’Institut Français de la Mode (IFM) évaluait le marché à 1 milliard d’euros, suivant une courbe de progression similaire.

Au début de la décennie, seuls 15 % des sondés se disaient adeptes de l’occasion. Une tendance associée à un recul des achats de vêtements neufs : presque 3 % en moins en 2018. Plus les années passent, plus les changements d’habitudes de consommation s’accentuent : Thred Up projette ainsi que d’ici 2028, le marché de la seconde main pourrait bien peser plus lourd que celui de la fast fashion. Alors que la première catégorie représente aujourd’hui 6 % des achats des Américains contre 9 % pour la seconde, l’occasion pourrait ainsi atteindre 13 %, là où la fast fashion continuera de stagner.

Sentant le vent tourner, certaines entreprises ne manquent pas de surveiller la tendance de près pour placer ses pions correctement : à l’image de la marque Ba&sh qui propose désormais à ses clients de revendre leurs vêtements de la maison ou même de les louer. Du groupe Eram et sa campagne "Comme Neuves" dans certaines boutiques Bocage qui revend des paires de chaussures d’occasion remises à neuf. Ou encore de la Maison 123 et sa plateforme Seconde Vie qui propose la reprise de ses pièces en échange de bon d’achat... Entre autres.

Internet comme propulseur

Si l’ensemble du paysage économique a ces derniers mois pâti de la crise sanitaire, le marché de l’occasion a plutôt tiré son épingle du jeu. Avec Internet comme cheval de bataille, la seconde main ne se résume désormais plus aux seules boutiques de fripes nichées dans quelques rues discrètes des grandes villes françaises, ou aux grands marchés aux puces à ciel ouvert. La sphère numérique contribue largement au rayonnement du marché de seconde main, en témoigne le succès des applications et plateformes telles que Vide Dressing, Le Bon Coin ou encore Vinted sur ces dernières années. Et justement, cette dernière semble avoir plus que jamais des ailes dans le dos.

Vinted, l’entreprise qui ne connaît pas la crise ?

En France, la plateforme de revente et d’achat de vêtements entre particuliers comptait 11 millions de membre au début de l’année. À la sortie du confinement, 1 million de plus étaient inscrits sur Vinted. Autrement dit, sa croissance a fait un bond de 9 % en quelques mois, accompagnée par une nette progression du nombre d’annonces de ventes : + 17 % en un an, tous pays confondus. Vinted semble donc être sorti gagnant de la crise. Les chiffres avancés par le baromètre Foxintelligence pour BFM Business témoignent du même son de cloche, plaçant la plateforme en tête de gondole sur la consommation de mode responsable la semaine du 11 mai, date de déconfinement du pays : celle-ci aurait occupé 19 % des parts de marché sur l’ensemble de la mode en ligne.

Et le succès de la plateforme lituanienne n’est pas vraiment marginal par rapport à ses concurrents. En avril, la française Vestiaire Collective a levé 59 millions d’euros, confirmant sa place de leader du marché mondial du luxe de seconde main. Si elle a déjà conquis Londres ou New York, c’est désormais sur le continent asiatique qu’elle mise, espérant prendre la tête du business japonais et coréen.

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