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"Quand on achète un produit fabriqué en France, on soutient notre modèle local"

"Quand on achète un produit fabriqué en France, on soutient notre modèle local"

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Fondée en 2015, la Fédération Indépendante du Made In France (FIMIF) est une association loi 1901. Travaillant depuis plusieurs années à sensibiliser et inciter le consommateur à acheter français, l’association œuvre aussi au respect des règles et lutte contre les nombreuses fraudes commises par les entreprises dans un but commercial. ID a rencontré Amandine Hesse, présidente de la FIMIF.
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[Cet article a été initialement publié dans le guide IDÉES PRATIQUES #4: La transition écologique Made in France, réalisé par ID L'Info Durable.]

Selon vous, le contexte sanitaire actuel peut-il permettre au "made in France" de tirer son épingle du jeu ?

Oui. Pendant la période de confinement, nous avons réalisé que nous avions du mal à trouver ce qui nous était nécessaire à un kilomètre à la ronde. Les biens de première nécessité, les masques, etc. Il y a eu une prise de conscience du fait qu’on ne fabriquait plus les choses qui étaient pourtant essentielles à notre survie en cas de crise, mais aussi de manière générale, sur le territoire national. Aujourd’hui, les gens sont désireux de savoir d’où viennent les produits qu’ils achètent, tandis que le gouvernement montre sa volonté de faire en sorte que plusieurs secteurs clés de notre industrie soient rapatriés.

D’après plusieurs sondages, les Français accordent généralement beaucoup d’importance aux produits "made in France". Par quoi s’explique cet intérêt prononcé ?

Quand on décide d’acheter un produit "made in France", il y a une défense de l’emploi qui s’opère puisqu’on fait travailler les personnes qui sont proches de nous. Quand on achète un produit fabriqué en France, on soutient aussi notre modèle local. Nous avons des acquis sociaux qui sont parmi les meilleurs dans le monde, donc acheter français c’est aussi participer à la vie des entreprises qui, elles, payent leurs cotisations sociales, leurs impôts, en France, et contribuent à ce modèle qui nous est cher.

D’un point de vue écologique, acheter en France c’est également s’assurer que les produits ont été fabriqués selon des normes qui sont parmi les plus restrictives au monde. Finalement, acheter "made in France", c’est aussi contribuer à la justice sociale puisqu’on sait que les personnes qui ont travaillé à la réalisation de ces voitures, ces t-shirts, ces tomates… ont travaillé dans des conditions décentes. Loin des manufactures dont on voit souvent les images à l’étranger, comme au Bangladesh et au Pakistan, où les gens évoluent dans des conditions de travail inhumaines.

Constate-t-on souvent des fraudes sur les produits "made in France" ? Certaines entreprises utilisent-elles le prétexte du "made in France" comme simple stratégie commerciale ?

Elles sont en effet assez nombreuses. Nous en distinguons trois catégories. La première d’entre elles relève des cas de problèmes de compréhension de la part du consommateur, et concerne 10 % des appels que nous recevons. Ensuite il y a un deuxième cas de figure que nous appelons "francolavage". Ce sont ces cas un petit peu plus graves où, à coups de drapeaux bleu, blanc, rouge, de communication très axée sur les couleurs nationales, on vous fait penser qu’un produit est français alors qu’il ne l’est pas. On y retrouve toutes les allégations telles que "conçu en France", "maison française", "fabrication artisanale", "maison de qualité", etc. Tout ça ne veut absolument pas dire que le produit est fabriqué en France.

Le "francolavage", c’est l’immense majorité de ce que nous recevons, c’est-à-dire plus de 80 % des plaintes qui nous sont remontées. Nous ne pouvons que recommander aux consommateurs de redoubler de vigilance lorsqu’ils sont face à ce type d’allégation, et de notre côté, nous réalisons des actions pour faire en sorte que les marques corrigent leur communication. Les 10 % restants sont les plus graves, puisqu’ils concernent les cas de tromperie du consommateur. Ici, la mention "made in France" est clairement utilisée, ainsi que des mots tels que "confection", "réalisation", "fabrication", pour des produits qui, en réalité, ne sont absolument pas faits en France. Soit par omission parce que les gens ignorent la loi, soit par réelle volonté de nuire et de tromper. Dans le deuxième cas, nous faisons des déclarations aux douanes ou la DGCCRF, qui interviennent ensuite pour sanctionner.

Existe-t-il des labels qui certifient qu’un produit est réellement "made in France" ?

Il y a des labels qui attestent que des produits sont fabriqués en France, à l’instar de "Origine France Garantie". En revanche, il n’existe pas de label d’Etat national qui certifie qu’un produit est labellisé. Le "made in" est une indication d’origine préférentielle. Un label, c’est une charte ou un cahier des charges privé qui a été édité par une entreprise ou une association. Donc quoi qu’il en soit, il n’a pas de valeur purement juridique.

Le processus de relocalisation peut-il également accélérer l’essor du "made in France" ?

Je pense que oui, si cela s’accompagne globalement. Il y a des industries que l’on a délocalisées en Chine parce qu’elles étaient très polluantes. N’ayons pas peur des mots, s’il y a des choses qu’on a délocalisées là-bas, c’est parce qu’on ne pouvait plus les faire en Europe. Je pense aux retraits de produits lithium notamment. On profite de l’arbitrage des règles sanitaires qui sont différentes aux quatre coins de la planète. Donc, si relocalisation massive il y a, elle devra faire intervenir les énergies propres, s’inscrire dans une volonté de mettre à l’honneur l’économie sociale et solidaire.

Concrètement, vous ne pouvez pas relocaliser des produits à faible valeur ajoutée en France. Vous avez besoin de main d’œuvre qualifiée et donc de former toutes les personnes qui vont réaliser l’ensemble de ces tâches. Quoi qu’il en soit, il faut que ces personnes soient formées sur des secteurs de l’industrie en voie de développement. Vous avez des clusters de types d’industries. En ce moment, on parle beaucoup de l’électrique, de l’hydrogène… sur lesquels il faut investir massivement. Il y a donc des possibilités de relocalisation, mais celles-ci doivent se faire sur des secteurs choisis. Évidemment, on ne va pas relocaliser des usines d’extraction de charbon, ça ne va pas dans le sens de l’histoire. En revanche, il y a de vraies opportunités sur tout ce qui est énergie verte, transition écologique et croissance raisonnée. Pour mener à bien ce projet, il faut accompagner ces mouvements de réindustrialisation, de relocalisation, sur le sol national, par de vraies politiques long-termistes, une sorte de Plan Marshall de l’économie verte.

Dans quels secteurs d’activités retrouve-t-on généralement le "made in France" ?

Aujourd’hui, il y a un véritable regain pour le textile français. Les vêtements sont des produits que l’on achète assez régulièrement, les Français ont un budget habillement assez conséquent, donc il y a un vrai pouvoir d’acte d’achat pour changer ça, mais aussi une offre importante qui s’est développée sur les produits français.

De son côté, le consommateur a été largement alerté sur l’impact de sa consommation sur l’environnement, mais également d’un point de vue social. Ensuite sur l’alimentaire, on tire largement notre épingle du jeu, parce que la France est sédentaire. Aujourd’hui, on importe vraiment très peu de choses, et les produits qui sont importés, nous les avons généralement aussi sur place. C’est juste que nous ne consommons pas ce qui est produit localement afin de payer moins cher, et en contrepartie, nous vendons nos produits à l’étranger. L’alimentation en France, c’est quand même un des piliers de ce qui fait la société française, et c’est quelque chose sur lequel nous ne rechignons pas, et sur lesquels nous sommes relativement indépendants.

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